Camille Geoffray a découvert le montage au cours d’un stage pour un festival. Musicien, il y a d’abord vu un potentiel pour associer des images à de la musique.
Quel est ton parcours ?

J’ai fait un bac S, quitté un DUT informatique au bout de quelques semaines puis après avoir envisagé de vivre de la musique je suis rentré à la Fac d’Histoire de l’Art, filière Cinéma à Clermont-Ferrand. Au cours d’un stage dans l’équipe d’un festival, j’ai découvert le montage et cela m’a tout de suite parlé. J’y ai vu un parallèle avec la MAO (Musique Assistée par Ordinateur). J’ai poursuivi mes études à Lyon et à la fin de ma dernière année, via une association dans laquelle j’évoluais, on m’a proposé de monter un documentaire de 52′ en un mois. C’est à ce moment-là, pendant mes études à Lyon, à travers notamment des échanges avec une colocataire que ma passion pour le documentaire est née. Ensuite, je suis monté à Paris, j’ai rejoint un collectif de professionnels confirmés qui intervenaient dans les quartiers de Tremblay et Villepinte. Cela a été très formateur, j’ai découvert des petites pépites faites avec les habitants. J’ai compris lors de cette expérience, que les moyens techniques n’étaient justement que des moyens et que c’était l’histoire qui comptait avant tout. De retour à Lyon, j’ai travaillé pour des prestataires techniques. Et j’ai fini par prendre conscience que je ne faisais pas ce que j’aimais et que ce que j’aimais, c’était le documentaire : le monter voire même en réaliser. Je suis d’ailleurs en train d’en écrire un, à présent.

Qu’est-ce qui t’a donné l’envie de devenir monteur ?

À  ma découverte du montage, ce n’était pas sans faire écho à  mon expérience de musicien. J’ai vu un potentiel outil pour associer de la musique et des images.

Et rapidement, j’ai compris que cela ouvrait un champ des possibles illimité, et justement parce que c’est illimité, le travail du monteur est de donner des limites, de choisir dans ce champ des possibles. 

Qu’est-ce qui t’intéresse dans la forme du court-métrage ?

En tant que monteur, le court métrage n’est pas un format simple.Il faut aller à l’essentiel et cela c’est parfois compliqué. Et puis on a pas le plaisir de se perdre dans un univers, c’est plus restreint qu’un long métrage.

En tant que spectateur, c’est un format qui m’intéresse mais j’ai beaucoup de mal à en voir seul devant mon ordinateur. Je n’y arrive pas. C’est un format que je ne peux voir qu’en salle, en festival. 

Qu’est-ce qui t’a influencé ?

La passion du documentaire m’est venue à la fac, j’y ai suivi des cours qui m’ont beaucoup nourri. Mais il y a un documentaire qui a confirmé à lui-seul mon intérêt pour ce genre, c’est Lift de Marc Isaacs

Est-ce que tu regardes des courts-métrages ?

J’ai beaucoup de plaisir à en voir en festival, ou lors d’évènements qui y sont consacrés.D’ailleurs,  j’ai grandi à Clermont-Ferrand, où le festival (Festival International du Court Métrage de Clermont-Ferrand, ndlr) faisait partie de la vie, un peu comme la fête foraine qui revient tous les ans.

C’est en revenant au festival en tant que professionnel averti que j’ai pris conscience de sa dimension internationale et de la qualité de sa programmation. 

Quel est ton regard sur le cinéma français ?

Côté fiction : je trouve qu’on manque parfois de courage. Mais il y a de bons signaux, j’ai beaucoup aimé Les Misérables de Ladj Ly pour son approche novatrice, par exemple.

Côté documentaire : le documentaire est bien soutenu par des organismes, des institutions liées à l’État, comme le CNC. Et malgré tout, les documents soutenus critiquent des états de faits ou des situations qui impliquent le pouvoir politique. Cela ne va pas de soi et. je pense que c’est une chance que nous avons en France. Je constate une évolution intéressante aussi concernant la distinction entre reportage et documentaire. J’ai appris lors de mon parcours universitaire que la différence entre les deux était le parti-pris pour le documentaire alors que le reportage rapportait des faits. Aujourd’hui, ça n’est plus aussi vrai. Il y a des reportages qui dénoncent et remettent en question. Mais c’est une bonne chose, c’est nécessaire. 

Ton dernier coup de ♥ ?

Mon coup de coeur de toujours : Lift, de Marc Isaacs (2001). Le documentariste est dans un ascenseur et il filme les habitants qui montent et descendent. Il est parvenu à créer un lien avec chacun d’entre eux.

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Catégories : EntretienKontrechamp

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