Anaïs Colpin est distribuAnaïs Colpin Phototrice de courts métrages au sein de Manifest. Créée en décembre 2015 pour mutualiser les inscriptions en festivals de plusieurs sociétés de production, la structure s’est ouverte à d’autres activités autour de la vie des courts métrages. 
Quel est ton parcours ? 

Moi, j’ai fait Information-Communication puis un Master de Management des projets culturels, à Lille. Je savais pas trop ce que je voulais faire, j’hésitais entre les musiques actuelles et le cinéma. Et quand j’étais en Master 1, j’ai fait un stage au Fresnoy, l’école de cinéma à Tourcoing, avec la chargée de diffusion. Pour mon Master 2, j’ai fait le stage au département court-métrage de Cannes, puis un autre au Fresnoy à nouveau au cours duquel j’ai rencontré Olivier Chantriaux (Filmo2) qui m’a parlé de l’idée qu’il avait depuis un moment de créer une structure de diffusion de courts métrages, un poste mutualisé avec deux autres sociétés qui sont Offshore et Les Fées Production pour les inscriptions aux festivals. L’association Manifest a été créée et j’ai commencé direct à faire les inscriptions aux festivals pour ces trois sociétés.Manifest logo

Depuis, ça s’est ouvert d’autres sociétés, je gère les ventes également, nous sommes 3 maintenant. Au début, ça détonnait un peu parce que les inscriptions en festivals ont toujours été faites en interne, mais ça a évolué. Maintenant, les sociétés de production avec lesquelles nous travaillons, elles n’ont plus tellement envie de le faire à nouveau. Et puis, nous avons commencé à gérer les ventes aussi. 

Qu’est ce qui t’a donné envie d’être de distribuer des courts métrages ? 

Après mon stage au Fresnoy, j’ai découvert le travail pour les sociétés de production et la diversité du court-métrage. Il y a de la comédie, de l’humour et des courts métrages grand public, par exemple. Et puis, j’ai apprécié le contact avec les réalisateurs, d’être la troisième personne, après le/la réalisateur, le/la producteur : de participer à la vie du film en lui donnant de la visibilité. C’est cette stimulation que j’aime dans la distribution. Et avec le court-métrage, les enjeux ne sont pas les mêmes que pour le long.

Qu’est-ce qui t’a influencé ?

Tout ce qui est « films du Nord » un peu, ou d’animation j’ai un petit affect pour ça. Quand nous recevons des courts métrages dans cette veine-là, j’aime bien. Mais à l’inverse quand ça me semble trop marqué par une influence en particulier, puisque le court métrage est là où émergent de nouveaux talents,  j’aime moins et je trouve cela dommage parce que cela existe déjà en long métrage. Là, nous avons un film (Inherent, de Nicolai G.H. Johansenqui est sélectionné pour la Semaine de la critique, il ne rentre dans aucune case ; il y a des influences mais assez éloignées. Je trouve ça trop bien.

Qu’est-ce qui t’intéresse dans la forme du court-métrage ?

Dans le court métrage, même en voyant fréquemment, en travaillant régulièrement avec des productions de courts métrages, on arrive à être encore étonné par certains, touché par d’autres.

Même en voyant vingt par jour en festival, tu n’es pas jamais blasée. Après 5 ans, je suis encore parfois sur les fesses en découvrant un film. C’est tellement un format dans lequel tu peux innover, où il y a toujours du challenge.

En tant que distributrice, il y a des thématiques récurrentes mais les approches peuvent être diversifiées ; par exemple, on va avoir un drame sur l’égalité homme-femme et puis une comédie sur la même thématique mais qui va fonctionner avec du jeune public ou dans un type de festival mais pas à l’étranger Tu peux le proposer en unitaire mais si quelqu’un l’insère dans un programme, ça va lui donner une autre dimension et tu peux jouer là-dessus.

Est-ce que tu regardes des courts-métrages ? 

Déjà je regarde tous ceux que nous recevons et ceux que nous devons sélectionner. Il y a aussi ceux dont j’entends parler et qui reviennent régulièrement, je vais chercher à les regarder en ligne ce qui passe sur les chaines pour voir ce qui plait en ce moment. Et j’aime beaucoup quand je vais en festival, aller en projection autour d’une thématique : par exemple, la section animation ou carte blanche d’un festival. Re-découvrir un court métrage en salle c’est toujours génial, car parfois il y a des courts métrages que nous distribuons, je ne les ai vus qu’en ligne. Il arrive qu’en les voyant en projection, avec la musique et tout, je leur trouve une autre portée.

Quel regard portes-tu sur la production française ? 

Nous ne travaillons que depuis récemment avec des productions étrangères et je manque encore un peu de recul. Nous avons plutôt travaillé uniquement avec des films français. Mais il y a une qualité de production folle dans les courts métrages français, même s’il y a aussi des propositions fortes parmi les films étrangers, les disparités en terme de production sont visibles. En ce qui concerne le travail de Manifest perçu de l’étranger, ça paraît dingue qu’il y ait une société de distribution. Avec les sociétés avec lesquelles je travaille, la distribution est prévue en amont et ce sont des conditions de production optimales. 

Quel est ton dernier coup de  en terme de court-métrage ?

J’ai beaucoup aimé Kamien (26′-2020) de Bartosz Kozera que j’ai vu au festival d’Aubagne On sortait d’une séance plutôt sombre, et le film commence : polonais, image gris-bleu et une bonne soeur en fauteuil. Ça partait mal et en fait ça a été une claque. 
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Catégories : Kontrechamp

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